LES 12E JOURNEES NATIONALES DE LA PREVENTION CONTRE LE SUICIDE

Publié le par lenviedevivre

les 12es journée nationales pour la prévention du suicide
ADDICTION ET SUICIDE

Cette année, l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS) a choisi de porter le débat sur la thématique « Addiction et suicide ».

En cette occasion, elle s'est associée à l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) et à l'Association nationale des intervenants en toxicomanie (ANIT). Les 12es Journées nationales pour la prévention du suicide, consacrées à cette thématique, ont dé - buté le 5 fé vrier par un grand colloque à Paris, suivi d'une quarantaine d'événements à destination du grand public dans l'ensemble des régions.
Objectif : sensibiliser les citoyens et les pouvoirs publics à l'importance de cette problématique.
Addiction et suicide, un lien étroit Les produits psychoactifs, et notamment l'alcool, ont un effet direct sur l'acte suicidaire ; ils provoquent dans un premier temps une levée du contrôle de soi, puis, dans un second temps, une désinhibition favorisant le passage à l'acte.
Bien qu'on ne dispose pas d'études françaises de grande ampleur sur le lien existant entre addiction et suicide, les spécialistes s'accordent à constater la corrélation entre les deux phénomènes(1) : – l'alcoolodépendance joue un rôle dans 15 à 40 % des suicides, et environ 1 suicide masculin sur 2 se fait sous l'emprise de l'alcool ; – le risque de faire plusieurs tentatives de suicide est multiplié par trois chez les consommateurs réguliers de cannabis ;
– 48 à 70 % des personnes ayant une addiction au jeu envisagent le suicide.

LE SUICIDE EN FRANCE EN CHIFFRES (1, 2)
Près de 11 000 décès par suicide sont comptabilisés chaque année en France, et plus de 150 000 cas d'hospitalisation sont liés à une tentative.
Il existe une sous-estimation du suicide et des gestes suicidaires évaluée à 20 %.
Trois décès sur 4 concernent les hommes, mais les femmes font 4 à 5 fois plus de tentatives de suicide que les hommes.
Une personne sur 4 serait directement concernée par le suicide d'un proche.
Les acteurs de la prévention du suicide et ceux du champ des addictions ont donc des préoccupations communes, et souhaitent allier leurs efforts afin de mieux prendre en charge les personnes en difficultés.
Surtout les hommes âgés de 30 à 60 ans Malgré une stagnation glo bale du nombre de suicides depuis 2000, le phénomène est en hausse chez les adultes de 30 à 60 ans : près de 6 500 adultes de cette tranche d'âge se sont donné la mort en 2005. Dans l'ensemble, les trois quarts des décès par suicide concernent les hommes (fig.1).
Des résultats positifs sont enregistrés chez les jeunes de 15 à 24 ans, dont le nombre de suicides a baissé de façon significative de 41 % depuis 1993, pour se stabi liser depuis 2000 autour de 600 décès par an. Chez les plus de 60 ans, malgré une baisse de 13 % par rapport à 1993, le nombre de suicides est plutôt à la hausse.
Le monde du travail : un espace de prévention Dans le monde du travail, l'abus d'alcool peut générer des accidents du travail, de l'absentéisme, des difficultés relationnelles et des accidents de trajet (un tiers des accidents mortels de la route restent liés à l'alcool). Selon une étude menée par l'INPES en 2006 sur la sensibilité à l'égard des questions de santé dans l'entreprise(3), l'alcool occupe la troisième position dans les préoccupations des dirigeants d'entreprise. Pour ces derniers, les problématiques de suicide et d'addiction représentent un enjeu économique. Ce constat ainsi que la pression des règlements introduits dans le droit européen et français expliquent que les entreprises commencent à mettre en place des démarches de formation et de sensibilisation et des protocoles de suivi des risques professionnels et des conditions de travail. L'UNPS, l'ANPAA et l'ANIT sont prêtes à les y aider : l'entreprise est un espace de choix pour la prévention des addictions et des suicides. REPERES
Santé des jeunes

La ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports a annoncé le 27 février un plan visant à mieux protéger la santé des jeunes. Plusieurs mesures concernent l'alcool :
– le renforcement de la législation relative à la vente d'alcool aux mineurs ; actuellement, les mineurs de plus de 16 ans peuvent acheter tous types d'alcool dans les grandes surfaces et consommer du vin, de la bière ou du cidre dans les cafés et bars ;
– le développement de consultations « jeunes consommateurs » dans les centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) ;
– la mise en oeuvre d'une campagne de communication pour sensibiliser les jeunes à la question de l'alcool.
Source : http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/



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1. UNPS. 12es Journées nationales pour la prévention du suicide.
Dossier de presse 2008.
2. Caillard V. Conduite suicidaire chez l'adolescent et l'adulte.
Rev Prat 2006;56:1699-704.
3. Enquête INPES-ANPAA-BVA, « Substances psychoactives dans l'entreprise », 2006.
www.inpes.sante.fr/index.asp?
page=70000/cp/06/cp060503.htm


• UNPS : http://www.infosuicide.org/
• ANPAA : http://www.anpaa.asso.fr/
• ANIT : http://www.anit.asso.fr/
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CE QU'IL FAUT RETENIR

La France est l'un des pays industrialisés les plus touchés par le suicide
La mortalité par suicide ne baisse pas depuis 2000
L'alcool favorise le passage à l'acte


Du dopage professionnel au suicide
Peut-on parler de dopage au travail ?
Le dopage existe dans le sport mais aussi au travail. L'utilisation des drogues en milieu professionnel, notamment de l'alcool, pour accroître les performances face au stress est un phénomène relativement nouveau qui tend à prendre de l'ampleur. Certaines conditions incitent à la consommation : rythmes de travail difficiles, peu de repos, pression constante pour une productivité accrue, crainte du chômage...
Comment passe-t-on du dopage au suicide ?
Dans certaines conditions managériales, le milieu professionnel est indéniablement générateur d'anxiété, d'angoisse, voire de dépression qui peuvent conduire à l'addiction et à des gestes suicidaires. La recherche permanente de performance touche aussi la vie familiale et sociale. Pour faire face à ces contraintes, certaines personnes ont recours à une pratique proche du dopage sportif ; la consommation de produits psychoactifs ne correspond plus à une recherche de plaisir ou d'évasion mais bien à une recherche de performance pour « tenir le coup ». Cette réponse aux attentes sociales fortes, en général inadaptée, ne fait qu'accentuer le malaise qui renforce le besoin en substances psychoactives. Leur consommation en grande quantité provoque des accidents à répétition et installe le produit comme seul mode de réponse aux difficultés. La personne est alors plus vulnérable aux problèmes psychopathologiques et aux conduites suicidaires.


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Publié dans DEPENDANCES

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